Laurent Peyronnet est auteur de romans, de contes et de nouvelles et voyage depuis plus de 15 ans à travers toute la Scandinavie.

 

Il est guide dans les régions de Bergen, Oslo, du Cap Nord, des îles Lofoten et biens d’autres coins de Norvège.

 

Laurent Peyronnet - Une blonde en Norvège

 L’interview

 

 

A quelle époque es-tu venu en Norvège pour la première fois, où était-ce et à quelle occasion ?

C’était au mois de juin 1996. Je venais faire un repérage pour un circuit qu’un ami m’avait proposé de guider.
Je suis arrivé à Oslo et de là,  j’ai circulé jusqu’à Bergen à travers le Hardangervidda puis je suis remonté nord et dans la région du Sognefjord pour redescendre par les montagnes du Valdresflya vers la capitale.

 

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Beaucoup de gens pensent qu’il fait froid toute l’année, qu’il neige non-stop et qu’il fait nuit tout le temps. Peux tu me parler de ton ressenti par rapport au climat ? (températures, lumière…)

 

Le froid, en Norvège, n’est pas le même qu’en France. C’est un froid sec, tonique. Dans le Finmark, lorsqu’on s’éloigne de la cote, le thermomètre descend régulièrement en dessous de -20°. Il suffit la plupart du temps d’être bien couvert et de respecter quelques consignes de bon sens. En France, le froid est synonyme d’humidité, de maladie : rhume, bronchite… Quand je suis là haut, je n’attrape rien de tout ça. Pour ce qui est de la nuit polaire, c’est une période qui dure presque trois mois à l’extrême nord (Cap Nord) et qui se réduit en durée à mesure qu’on descend vers le cercle polaire. Mais il ne faut pas croire que c’est trois mois de noir complet. Après le solstice d’hiver (21 décembre), même si le soleil ne paraît pas, il y a une forme de luminosité quotidienne, entre 9h30 et 13h30 environ. C’est vrai que c’est une période difficile mais je crois qu’elle est difficile surtout pour ceux qui ne sont pas natifs du pays. Une amie ayant passé son enfance à Tromso me disait que pour elle, c’était une chose tout à fait normale. D’ailleurs, il n’y a qu’à voir l’animation qui règne à Tromso, justement, en hiver, pour s’en convaincre.

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Il m’est arrivé de passer plusieurs hivers en Laponie suédoise, au dessus du cercle polaire, à Gallivare notamment, une ville minière. Certains mineurs venaient d’Angleterre, du Pays de Galles, d’Écosse et d’Irlande. Ils avaient beaucoup de mal a supporter la nuit polaire car ils ne parvenaient pas à prendre le rythme des scandinaves, à savoir qu’après le travail, on dîne et on ressort faire des activités ensemble, en plein air où dans des clubs et associations. C’est un peu ça, là haut, le secret pour traverser la nuit : être ensemble et s’occuper. Quand au soleil de minuit, l’inverse absolu puisque c’est la période durant laquelle le soleil ne se couche pas pendant presque trois mois, c’est quelque chose que je trouve magique. C’est une sensation unique de se promener à 2h du matin comme s’il était 3h de l’après midi et puis, la lumière est très particulière. Beaucoup plus puissante que dans les pays du sud. Les effets du jours permanent sont aussi psychologiques. Comme il n’y a pas de nuit, il n’y a pas de rupture dans la temporalité. On a un sentiment de continuité qui, personnellement, me fait du bien.

 

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Tu es auteur de romans, de contes et de nouvelles. J’ai lu les aventures de Magnus et j’ai adoré. Tu travailles sur un nouveau livre ?

Je suis très heureux que tu ai aimé Magnus. Actuellement, je suis en train de terminer le troisième et dernier tome de ses aventures. Il sortira en librairie pour Noël 2018 (Editions Dadoclem)

 

Relire les articles sur les 2 volumes de Magnus.

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Tu viens plusieurs fois par an pour accompagner des touristes en voyage en tant que tour leader. Est ce que c’est toujours au même endroit ?

J’essaye d’être au maximum en Laponie : norvégienne, suédoise et finlandaise. Ce sont des régions que j’aime particulièrement pour la culture des gens qui y vivent et pour la présence sauvage de la nature. En hiver, en général, je reste là haut. En été, par contre, je commence la plupart du temps mes circuits à Oslo ou Bergen puis, de là, je remonte jusqu’aux îles Lofoten puis le Cap Nord et je redescend parfois par la Finlande et la Suède.

 

Laurent Peyronnet - Une blonde en Norvège
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Est ce que tes voyages inspirent tes livres ?

 Complètement. D’abord parce que je suis guide, ce qui implique une connaissance historique qui sert souvent de décors à mes livres. Ensuite, je suis quelqu’un de très contemplatif et la Norvège est un paradis pour les gens comme moi.

 

Les paysages que je traverse, les ambiances, la lumière, me touchent profondément. Cette beauté est une poésie qui me nourrit lorsque j’écris mes histoires.

 

Enfin, mes romans donnent une large place aux êtres du folklore scandinave : trolls, tomtes, jutuls, nisses et autres huldrefolks. Le dernier tome de Magnus portera d’ailleurs pour titre : « Les peuples invisibles. »

 

 

Quelle était ton expérience la plus incroyable ?

Piloter un avion Cessna au dessus de la taïga alors que je n’avais aucune compétence pour ça et que je suis sujet au vertige :

 

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Quel est l’endroit que tu préfères en Norvège ?

C’est très difficile de répondre à cette question, il y a tellement d’endroits merveilleux dans ce pays mais je dirais que j’ai une affection particulière pour l’île de Mageroy. Hormis le site du cap nord très fréquenté l’été ( mais qui n’occupe qu’une petite place sur cette île classée au patrimoine mondiale de l’Unesco) c’est une toundra désertique, toute bosselée, parsemée de petits villages de pêcheurs. En hiver, c’est un vrai bout du monde et en été, la lumière y est incroyable.

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Beaucoup de gens pensent que les norvégiens sont froids et distants, qu’en penses tu ?

Je nuancerai cette impression. Les norvégiens, en général, selon l’expérience que j’ai d’eux,  sont des gens calmes, attentifs et serviables, préoccupés du bien être collectif et donc, prêts à agir dans ce sens. Vous trouverez toujours de l’aide là bas et avec beaucoup de bienveillance. En revanche, il y a ce vieux fond de culture protestante qui impose de contenir ses émotions et de ne pas se montrer trop différent de la norme. L’auteur norvégien Aksel Sandemose a exprimé cette idée en une petite sentence très célèbre qu’il a nommé « La loi de Jante » du nom d’un village fictif d’un de ses roman et qui exprime un trait profond du caractère norvégien. Cette loi dit, en substance : « N’oublie pas que tu n’es rien. ». Prise dans un sens positif, une telle pensée protège de l’égo mais prise dans un sens négatif, elle empêche quiconque d’exprimer la moindre différence et d’avoir la moindre aspiration personnelle.

Les norvégiens ont cela en héritage, qui peu les faire passer pour des gens froids et distants mais les jeunes générations, enfants de la mondialisation des échanges, s’en sont considérablement affranchis.

 

 

 

Quelles traditions où différences culturelles t’ont le plus marqué ?

Les norvégiens ne s’énervent jamais, ou très rarement, ce que j’apprécie énormément. Globalement, il y a une culture de la bienveillance que nous ne connaissons pas en France.

 

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La Norvège c’est le pays de la nature, du calme et des lieux paisibles. Est ce que, tout comme moi lorsque je suis arrivée, tu as eu cette sensation d’être seul au monde ?

Absolument. Et cela m’a fait un bien fou. Ériger en valeur la possibilité de  s’isoler pour penser, méditer, ou même juste être seul dans des paysages sublimes et créer les conditions pour que cela soit possible ( seuil d’urbanisation et d’industrialisation limité, respect et protection de l’environnement.) est une des grandes particularités des norvégiens et c’ est un bonheur qui n’a pas de prix. Ils en ont s ont conscience et le protègent.

 

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Est ce que c’est un pays dans lequel tu aimerais vivre ?

Il y a une quinzaine d’année, j’y séjournais presque six mois par an. Aujourd’hui, mes enfants sont en France et je tiens à rester proche d’eux même s’ils sont grands mais sinon, oui , je m’y installerai sans problème, surtout que ma femme est amoureuse du pays Sapmi.

 

Est ce que c’est un pays dans lequel tu aimerais vivre ?

Il y a une quinzaine d’année, j’y séjournais presque six mois par an. Aujourd’hui, mes enfants sont en France et je tiens à rester proche d’eux même s’ils sont grands mais sinon, oui , je m’y installerai sans problème, surtout que ma femme est amoureuse du pays « Sápmi« .

 

Dans un autre livre, Laurent reprend un des contes les plus célèbre de Norvège: « Askeladen et le pari contre le Troll ». C’est un petit trésor de drôlerie qui a traversé les âges pour nous parvenir aujourd’hui dans une truculente version racontée par Laurent Peyronnet et illustrée par Godo.

 

 

 

 

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